Le Clan de mercenaires de Nedora-Riem (DOFUS - Pandore)
 
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 L'aurore pourpre (part. 2) - Fragments retrouvés, Tome X.

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   Zem   

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MessageSujet: L'aurore pourpre (part. 2) - Fragments retrouvés, Tome X.   L'aurore pourpre (part. 2) - Fragments retrouvés, Tome X. EmptyDim 13 Sep 2009 - 21:52

L'aurore pourpre (Part.2) - Fragments retrouvés, Tome X

L'aurore pourpre (part. 2) - Fragments retrouvés, Tome X. 29036_Aurore_Pourpre

Par Acidrik Fenlapanse.


Un âge de ténèbres s'abattit sur le Monde. Nul ne le savait encore mais l'aura harmonieuse des Dofus, elle qui baignait sur le monde de sa douceur, était souillée.
Et le désordre qui s'insinuait progressivement dans les contrées, allait durer jusqu'à ce que la guerre éclate entre Bonta et Brâkmar, les deux cités nées de l'effort des gardiens des mois.


L'histoire des chevaliers de l'Ordre du Cœur Vaillant, aurait dû faire partie de l'Histoire avec un grand "H", celle qui est inscrite dans les grimoires, celle qui fait ériger des statues. Guidés par Ménalt le centaure, leur destinée, tragique ô combien, aurait dû être narrée par tous les hérauts et les bardes du Monde des Onze, être gravée dans le marbre pour traverser les âges... Nenni! Car leur sort inspire la crainte à ceux qui l'évoquent et si leur histoire est parvenue jusqu'à nous, c'est qu'elle est contée à voix basse, lors des veillées nocturnes... Elle est un avertissement adressé aux jeunes gens téméraires et imprudents.

Vous seriez bien en  peine de trouver d'autres traces que ces histoires chuchotées la nuit, car les chevaliers disparurent tous, corps et âmes, par une nuit froide de Septange. C'était au  commencement du Monde....

Rushu avait broyé l'un des quartiers de l'Horloge de Xélor et imposé Djaul comme un gardien de Descendre. le lige de Rushu avait depuis jeté une ombre de peur sur le Monde : le grand Solar était mort de sa propre main. Et s'il n'avait pas réussi à dérober le Dofus gardé par Aguabrial, sa tentative avait faite naître un dragon du nom de Bolgrot, Djaul le pressentait, pourrait servir ses desseins, tôt ou tard. Tout cela créa un courant d'instabilité dans le Monde, et l'aura protectrice des Dofus se trouva entâchée par tant de convoitise...

Malgré cela, Rushu restait insatisfait. Le seigneur des démons voulait devenir un dieu lui aussi, et être vénéré par des fidèles qui seraient à son image. Mais ceci lui avait été refusé ! Et une déesse, celle qu'on nommait Sacrieur, lui avait ravi sa place au panthéon ! En guise de compensation, Rushu avait demandé à Djaul qu'il lui édifie une ville  entière. Cette ville serait son temple. Et lui aussi, aurait ses fidèles! Car Rushu comptait convertir les disciples des autres dieux à son culte : ils arboreraient des ailes rouges, et seraient semblables à des démons ! C'est ainsi que la cité de Brâkmar, édifiée en une nuit par Rushu lui même, fut consacrée au culte du seigneur démon....

Xelor, de son côté, avait jugé que Jiva était digne de prendre la succession de Solar. Il avait aussi demandé à Menalt, guerrier centaure et commandeur de l'Ordre du Cœur Vaillant, d'être le protecteur Martalo, le mois des tempêtes et des giboulées. Menalt avait accepté. Comme Jiva et Fraouctor, il avait élu domicile dans la nouvelle ville de Bonta.
Un mois avait suffit aux trois protecteurs, aidé par les dieux, pour bâtir cette ville qui devait s'opposer à l'ascension de Brâkmar et au culte de Rushu. Une année allait s'écouler avant qu'elle ne connaisse sa première bataille.

L'aube du 12 Septange de l'an 26 était froide, et la lumière peinait à percer les ténèbres. Les avant-postes bontariens, tenus par les chevaliers de l'Ordre, étaient blanchis par les premières gelées; les sentinelles étaient engourdies par ce froid précoce. Elles se tenaient autour des braseros et ne parvenaient pourtant pas à se réchauffer. La forêt, qui d'ordinaire commençait à bruire de mille sons à cette heure matinale, aurait été totalement silencieuse s'il n'y avait eu ce cri entendu à plusieurs reprises pendant la nuit. Les sentinelles n'y avaient d'abord pas pris garde mais elles scrutaient maintenant l'obscurité tout là-bas, en direction du sud. Le cri - ils doutaient qu'il fut sorti du gosier d'un animal ordinaire - s'était rapproché.
Le capitaine de faction soupçonnait une ruse de l'ennemi. Les Brâkmariens avaient été bien calmes ces derniers temps, sans doute trop. Il dépêcha un messager vers Bonta. Soudain, le cœur de la nuit s'agita; des présences se mouvaient au-delà de la ligne de vue des sentinelles! Après quelques secondes de stupéfaction, elles se ruèrent sur les cloches d'alarme... Trop tard! Une clameur sauvage couvrit les tintements. Les chevaliers entendraient résonner des tambours de guerre. C'était une attaque! Des troupes amassées de part et d'autre des monts de Sidimote, déferlaient vers eux.
Leur tumulte faisait trembler la terre. Et le jour ne se levait pas.

A Bonta, Jiva avait fait donner l'alarme, et galvanisait les miliciens: il leur faudrait tenir si l'attaque ennemie parvenait jusqu'à la ville. Elle exhortait les défenseurs, postant les archers aux meurtrières et les fantassins derrière les portes. Au-delà des enceintes, le martèlement étouffé des troupes en marche leur parvenait. L'ennemi gagnait du terrain, et rapidement! Cela n'augurait rien de bon... Menalt et Pouchecot avaient rejoint Jiva. Après un bref échange, ils acquiescèrent tous trois. Jiva dirigerait la défense de la ville. D'un commun accord, Menalt et Pouchecot prirent chacun la tête d'une escouade de cinquante chevaliers de l'Ordre du Cœur Vaillant. Parmi ceux-là, une bonne moitié était des centaures rangés sous les ordres de Menalt, les autres étaient des fantassins férocement armés.
L'épée tirée, au cri de "Bonta vaincra!", ils foncèrent porter secours à leurs camarades. Hélas! Là-bas au loin, les avant-postes avaient été engloutis par des hordes de gobelins. C'étaient là quarante chevaliers, pas moins, qui succombaient, submergés par le nombre. Les renforts arrivaient trop tard! Les troupes bontariennes forcèrent l'allure, et les centaures galopèrent de plus belle. A voir, les gobelins n'étaient que la pointe de l'attaque lancée contre Bonta.
L'ennemi grouillait devant eux. L'aube semblait figée et la nuit ne jamais se finir. Soudain, un jet de flammes pâles et grises flamboya par dessus les troupes gobelines et éclaira faiblement la bataille. Le cri sinistre retentit à nouveau. Les brâkmariens avaient balayé les postes avancés de Bonta. Devant lui, Menalt vit avec dégoût les chevaucheurs de Karne poursuivre les derniers chevaliers en déroute pour les achever. Un Iop sombre, un capitaine de Brâkmar, les commandait, restant lui-même en retrait du combat.

"Les forces de Brâkmar sont grandes, mais pas invincibles!" lui dit Pouchecot. "Tes centaures doivent enfoncer les flancs des troupes ennemies. Les gobelins seront pris en tenaille, et pressés de part et d'autre. Je les écraserai ensuite, et toutes nos forces feront face aux chefs de guerre brâkmariens ! Vous savez comme moi que les créatures aux ordres de Brâkmar sont
pour la plupart des brutes sans cervelle et indisciplinées. Elles fuiront si leur commandement est décapité. Il sera alors temps alors de ces cris lugubres!" Ainsi parla Pouchecot et Menalt acquieça.

Les chevaliers arrivèrent sur les troupes gobelines... Ce fut une boucherie! Un carnage! Un étripage! Les héros bontariens brandissaient leurs lames, et à chaque coup, des giclées de sang maculaient davantage leur armures !
Ils s'arrêtèrent enfin pour reprendre leur souffle. les chevaliers se regroupèrent autour de Menalt et de Pouchecot. Ils n'avaient pas subi de pertes, quelques égratignures au plus. Menalt lança un regard circulaire pour mesurer l'ampleur du combat. L'attaque s'était bien passée. Très bien. Trop bien. Le centaure cherchait le Iop sombre qu'il avait aperçu plus tôt. Le guerrier avait rejoint le reste des troupes brâkmariennes, et refrénait leur ardeur à aller au combat. Composées de squelettes Chafers, elles n'étaient pas venues secourir les gobelins... Et Menalt s'aperçut de leur erreur. Un hurlement retentit alors, assourdissant. A nouveau les ténèbres furent déchirées par un éclair gris. Les gobelins n'étaient qu'un appât ! Le pire allait arriver...
C'était un guerrier, un seul guerrier, vêtu d'une armure noire, un colosse. Il s'avançait vers eux, seul, et les brâkmariens s'écartaient sur son passage. Il hurla, et ce fut si les bontariens étaient jetés à terre. Furieux de ce mouvement de recul parmi ses chevaliers, Menalt exhorta à combattre. Il leva sa lance, et se rua à l'attaque. Pouchecot lui cria d'attendre, mais les centaures se précipitaient déjà à l'assaut des premières lignes ennemies. Le choc fut terrible, le fracas des armes retentit, les cornes sonnaient et les tambours de guerre battaient à tout rompre. Frappant de taille et d'estoc, Menalt se frayait un chemin vers le chef de guerre de Brâkmar. Si celui-là tombait, la victoire  appartiendrait à Bonta ! Menalt pouvait voir combattre le guerrier : à chacun de ses coups, un chevalier tombait, son armure lacérée par l'épée noire. La pointe de sa lame décrivait des courbes et des cercles sans jamais s'arrêter, c'était comme si deux ailes d'ombres fouettaient l'air tout autour de lui. Le guerrier noir avait la même intention que Menalt.

"Je suis Menalt, commandeur de l'Ordre du Cœur Vaillant, protecteur de Martalo! Qui que tu sois, tes heures sont comptées!" cria Menalt par dessus le tumulte. La bataille faisait rage tout autour d'eux. Menalt s'était débarrassé de son amure- elle ne lui offrait aucune protection, pire, elle entravait ses mouvements face à un tel adversaire.

"Je vais te faire rendre gorge, centaure! Prie ton dieu pour qu'il t'ouvre les portes du royaume des mort, à toi et tes chevaliers! Dis lui aussi que Hyrkul fera tomber Bonta aujourd'hui!" des bouffées de flammes noires s'échappaient de son heaume.
Menalt, à présent qu'il pouvait voir son adversaire de plus près, fut stupéfait de voir son ennemi se servir du feu nir noir comme d'un arme. Il s'écria: " Sacrilège! Tu souilles le feu d'Ouronigride! Tu seras maudit pour cela!"
"Hyrkul est mon nom, et tu l'emporteras dans l'autre monde, centaure!" vociféra l'autre, et tous deux s'élancèrent pour frapper. en moins d'une seconde tout fut joué! Menalt brandit sa lance dont la pointe était nimbée d'un feu blanc il se fendit d'une
attaque en pique en visant le creux de la gorge, là où les plaques de l'armure noire étaient suffisamment espacées pour que son coup puisse être fatal. mais la lance se perdit dans l'esquive du guerrier, ses larges ailes d'ombre tournoyèrent pour cingler
le centaure et l'aveugler. Avant que le centaure ait u lancer une seconder attaque, Hyrkul avait empoigné la hampe de Menalt d'une main, et de l'autre, il avait agrippé à la gorge. Ils hurlèrent tous deux, l'un de rage et l'autre de douleur! Une foudre
enflammée jaillit à travers le heaume noir, frappant Menalt au visage durant de longues secondes. Puis le guerrier repoussa le centaure assommé et pantelant pour lui assener le coup de grâce; il fit un moulinet avec mon épée, la lame tournoya en sifflant
pour retomber aussitôt; elle faucha Menalt qui tomba dans la poussière. Le guerrier continua à faire tournoyer son épée en rugissant: un feu intense venant du fond de la gorge embrasa sa lame. Les flammes se déployaient, de plus en plus larges et dangereuses.
Les chevaliers avaient vu leur chef s'écrouler, et maintenant ils reculaient. Un dragon de foudre noire était né de l'épée d'Hyrkul. La bête les surplombait de toute sa hauteur. Il plongea à travers toutes les bontariennes. Elles s'embrasèrent instantanément, les
chevaliers s'écroulant les uns après les autres; les autres guerriers de Bonta furent soufflés par l'explosion. Pouchecot ne dut sa survie qu'à sa magie, il s'était enraciné profond dans la terre tel un arbre centenaire. Les armures des chevaliers jonchaient le champ
de bataille.Une pluie glacial se mit à tomber. Les hordes brâkmariennes se remirent en marche vers Bonta. Hyrkul se planta face à Pouchecot, transformé en un énorme arbre. Il s'était protégé mais réduit à l'immobilité du même coup. Les colosse noir éclata d'un rire sinistre
"Je te taillerai un cercueil dans ton propre bois, Pouchecot ! Mais avant cela... je veux voir la tête de Jiva se balancer à tes branches!" Il cracha et rejoignit son armée à grandes enjambées. Les fortifications de Bonta se détachaient au loin, pâles comme de la craie.

Les chevaliers de l'Ordre Cœur Vaillant avaient péri au grand complet.

Pour les défenseurs de Bonta, il semblait que jamais plus le jour ne se lèverait plus. Cette nuit était-elle la dernière qu'ils avaient à vivre? Jiva n'était pas la seule à regarder le ciel, essayant de percer les mystères du sortilège qui pesait sur eux. Raval, le gardien de Septange, s'était rendu sur les hauteurs de Sidimote pour observer le champ de bataille et l'obscurité ensorcelée qui persistait. cinq heures déjà! Le jour aurait dû se lever depuis cinq heures! Ces heures étaient précieuses pour lui qui était le gardien de Septange. Cinq heures avaient été volées au mois dont il avait la protection... Il devait en répondre devant Xélor!

Ce guerrier noir était d'une puissance phénoménale. Exterminer cent chevaliers était une chose. Anéantir Menalt, en était une autre.Réduire Pouchecot à l'impuissance en était une troisième.

"Si je m'interpose entre lui et Bonta pour lui réclamer ces heures volées, je risque la mort...
Quant à Bonta ! Chère Jiva, je ne donne pas cher de ta peau.... Mais si Bonta tombe, la nuit durera, peut être pour l'éternité... Et c'en sera fini de Septange". Et ça Raval ne pouvait pas l'imaginer. Il descendit jusqu'au champ de bataille. Des gobelins rescapés de la bataille s'égrenaient pour former une arrière-garde clopinante. Au milieu des cadavres de gobelins et des armures vides, Raval avait eu l'idée qui allait sauver Septange. Lui qui dès Fraouctor passé, s'évertuait à soutirer lentement la vigueur de chaque végétal, il allait rappeler à la vie les âmes des chevaliers trépassés. Il avait ce pouvoir...
A son commandement, les fantômes des chevaliers de l'Ordre du Cœur Vaillant s'étaient levés; leurs armures roulèrent au sol dans un bruit métallique. Brûlés, blessés, écorchés, ils portaient tous des plaies béantes. Raval passa entre les rangs silencieux, puis leur désigna l'armée de Brâkmar. Les troupes d'Hyrkul étaient aux portes de Bonta. Des Trools les martelaient de coups et elles menaçaient de céder à chaque instant. Jiva avait groupé les miliciens qui formaient un mur d'armures. mais déjà les gobelins tentaient de se faufiler entre les brèches de la porte qui s'élargissaient davantage à chaque seconde.
Hyrkul avait remis son épée au fourreau et assénait lui aussi des coups avec sa masse d'armes. Il suspendit son geste... et se retourna brusquement comme interpellé... Soudain des cris de détresse se firent entendre à l'arrière. Le colosse, déconcerté, resta à l'écoute. Mais ce n'étaient pas ces cris de peur qui l'inquiétaient. Il scruta le sud. Et il vit ses troupes débordées par les chevaliers de l'Ordre, ceux-là qu'il avait abattu avec la foudre noire. C'était une marée blanche qui submergeait les brâkmariens. a cet instant sonna la corne de Bonta. Jiva faisait ouvrir les portes et les miliciens avancèrent sur les troupes de Brâkmar, regagnant pas à pas chaque mètre de terrain perdu.

Hyrkul ne pouvait prévoir un tel retournement de situation. les troupes de Brâkmar étaient prises en étau. il vit les chevaliers fantômes, insensibles aux coups, qui taillaient en pièce son armée. La confusion était totale. Son capitaine battait en retraite. Gobelins et Chafers s'éparpillaient, aussitôt massacrés par les  chevaliers fantômes. Se dégageant à grand peine de la mêlée, et sachant la bataille perdue, Hyrkul jeta un dernier regard à Bonta, si proche, avant de prendre la fuite en direction de la forêt des Abraknydes. s'il n'avait pas remporté la victoire, il avait la certitude que Bonta n'abritait pas de Dofus. Jiva et Pouchecot n'auraient pas hésité à le brandir au plus fort de la bataille, pour manifester leur puissance et effrayer les troupes brâkmariennes...Ce simple renseignement valait bien les pertes infligées à Brâkmar... Hyrkul s'enfonça dans la forêt sombre.

Un cri de victoire retentit dans tout Bonta. Les survivants voyaient enfin le jour se lever. Raval avait regagné les hauteurs de Sidimote, observant la débandade de Brâkmar. L'aurore était pourpre. La couleur laisserait son nom à cette bataille qui elle, resterait dans l'Histoire. "L'Aurore Pourpre" première bataille qui vit s'opposer Bonta et Brâkmar, fut l'une des plus meurtrières de la période dite de "la guerre des cités".
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