Le Clan de mercenaires de Nedora-Riem (DOFUS - Pandore)
 
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 [BG Miho] - Mémoires fragmentées

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MessageSujet: [BG Miho] - Mémoires fragmentées   Ven 7 Mar 2008 - 23:02

Mémoires fragmentées... Oui, ça sonne bien.

La disciple Feca parlait seule, l'air perplexe, faisant les cents pas dans sa nouvelle demeure du port de Masterdam.
C'était une maison assez simple, propre, claire, agréable à première vue. Mais lorsque l'on s'attardait un peu, on ne manquait pas de remarquer que quelque chose était étrange, anormalement... normal.
Il n'y avait au mur aucun souvenir d'une vie passée, pas d'objets personnels que l'on chérit, aucune trace laissant d'indice sur la personne qui habitait ici.


Miho s'était arrêté de marcher à présent, et fixait l'horizon par le fenêtre, alors que le soleil déclinait lentement. Elle aimait particulièrement ce moment, ces quelques minutes rougeoyantes avant que le Monde ne plonge dans les ténèbres, et lui offre toutes les possibilités que seule la nuit puisse apporter.
Elle s'étira longuement, se prépara une tisane bouillante, et se lova dans un fauteuil confortable. Elle sirota sa boisson à petites gorgées puis, posant sa tasse sur la table, saisit quelques notes dans l'amas de parchemins posés devant elle.
A la vue et au touché de ses feuillets, une lueur étrange s'alluma dans son regard. Une lueur qui semblait refléter l'amour, ou plus précisément, l'attachement viscéral qui la reliait à ces quelques bouts de papier.
Elle les tenait d'une main ferme et délicate, les survolant d'un oeil, connaissant déjà le contenu de ses parchemins par coeur. Elle avait récemment décidé qu'il était temps de les déterrer, d'y faire un tri, ne serait-ce que pour elle, pour comprendre.

Il y avait de toutes sortes. Ceux qui ressortaient aux premiers abords étaient écrits de la main de la Fecatte elle-même, d'une écriture fine et fluide, raturés à quelques endroits. D'autres semblaient avoir été rédigés par des mains différentes, certains avaient l'air très anciens et tombaient presque en poussière, d'autres encore étaient couverts de symboles étranges.
Miho essaya de faire des tas avec ces écritures, selon une logique qu'elle seule semblait comprendre. Cela lui prit quelques heures, et la nuit était déjà bien avancée lorsqu'elle releva la tête de son fastidieux ouvrage. Un sourire de satisfaction aux lèvres, elle contempla son travail, caressant d'une main distraite son chacha ronronnant, indifférent à l'agitation autour de lui.
Une fois ce classement terminé, elle prit une plume de Kwak de glace, dont les reflets argentés faisaient miroiter ceux de la Lune, la trempa dans une encre d'un noir profond, et se mit à écrire.


Après ces quelques années passées à vivre avec des souvenirs emmêlés, sans que je sache discerner le vrai du faux, la réalité de la fiction, me voilà à écrire ce livre.
Écrire n'est pas un terme juste... Construire plutôt. Oui, je construis ce livre avec les petits morceaux de mon passé que j'ai découvert au fil de mes voyages, et que je découvre encore à présent. Comme un puzzle, les pièces se mettent doucement en place, me rappelant des époques révolues, effaçant les mensonges auxquels je m'étais moi-même mise à croire.
Je ne sais pas s'il sera lu un jour par une autre que moi, mais plus j'avance dans ma mouvementée et courte vie, plus je ressens le besoin de comprendre d'où je viens, ce que je vis, et de laisser une trace de mon passage dans ce Monde étrange.
Ainsi, ceci n'est pas un simple livre. Il est ma vie, mon intimité, mon passé, présent et futur, il est moi. Et il s'appelle Mémoires Fragmentées.


Dernière édition par Miho le Dim 23 Mar 2008 - 21:10, édité 14 fois
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MessageSujet: Re: [BG Miho] - Mémoires fragmentées   Ven 7 Mar 2008 - 23:04

(Extrait de mon journal intime, non daté.)


Depuis toute petite déjà je me savais différente d’eux, les petits êtres aux ailes blanches immaculées. Nous partagions la même ville, rien de plus. J’entendais les chuchotements et je voyais les regards se dérober quand je passais dans la rue.

La raison?
Il me fallu peu de temps pour la connaitre, je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais quinze ans à l’époque.
Le mois de Descendre arrivait tranquillement avec son froid à vous glacer les os. Cette nuit la, ma mère avait encore fait la tournée des tavernes de Bonta, buvant jusqu’à son dernier kama. J’étais tapie sous mon lit, attendant dans la peur qu’elle rentre et déverse sur moi sa haine du monde.
Evidemment ce soir la, comme tout les autres, ça ne manqua pas. A peine la porte franchie, elle hurla mon nom. Elle retourna la maison jusqu’a me découvrir, et me roua de coups de pieds, de bâton.

Je restais mutique et pétrifiée jusqu’à ce qu’elle prononce ce qu’elle n’avait encore jamais osé me dire :

« Sale bâtarde, tu n’es qu’une sale bâtarde, du sang de démon coule dans tes veine, j’aurais du te tuer dés ta naissance ! »

En entendant ce mot, en prenant conscience de ma nature, la peur s’envola. Je ne réfléchissais plus à cet instant, mon instinct avait pris le dessus. Alors qu’elle continuait de répandre sur moi son flot de rancune je me saisi d'un sertisseur posé non loin de moi et lui plantait tout doucement en plein cœur.
Elle ne cria pas, ni ne bougea, elle me fixa juste de ses yeux horrifiés alors que j’enfonçais la lame plus profondément. Mon premier meurtre. Je me souviens encore de l’odeur du sang et de la sensation délectable de sentir la chaleur de la vie quitter un corps.


Dernière édition par Miho le Mer 19 Mar 2008 - 3:55, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: [BG Miho] - Mémoires fragmentées   Ven 7 Mar 2008 - 23:11

(Cette lettre me fut vendue par un ivrogne de la taverne du Chabrûlé, je qu’elle fut rédigée lors de la bataille des Landes de Sidimotes qui fit rage en Descendre 611. Son auteur, d’après la description, serait Celebrimbor Anca, bibliothécaire de Brâkmar de 594 à 609)


Mon enfant,

Tu ne me connaitras jamais, grand bien t’en fasse.
Mais sentant mon heure venir, je ne peux, comme tout à chacun, que me retourner vers mon passé et regretter mes erreurs. Et l’envie de laisser une trace, ne serait ce que dans ta mémoire est plus forte que de plonger à jamais dans l’anonymat des morts pour Brâkmar. Une erreur de plus, je le sais, mais celle-ci sera ma dernière.

Je ne m’excuserais pas pour mon absence, je ne sais même pas si tu verras un jour le soleil, mais si tel est le cas, tu comprendras peut être. Je vais ici me contenter de te raconter ce qui m’a mené à ta possible création.

Je fus durant longtemps gardien du savoir de Rushu, régnant seul sur mon petit royaume qu’était la bibliothèque de ma cité. On m’avait nommé à cette place non pour mon érudition, mais pour ma droiture et ma subordination au pouvoir.
De plus je venais d’une famille noble, soi-disant descendante de grands démons, et il fut décidé que mes doigts se saliraient dans l’encre et non dans le sang.
Alors qu’Oto Mustam, cette raclure infâme, avait pour devoir de former nos jeunes brâkmariens à l’art du combat, j’étais chargé pour ma part de les éduquer à la haine aveugle envers Bonta, à laver leur cerveau de toute humanité envers les ailes blanches. Je répétais des inepties à longueur de journée afin de former de dociles combattants, de la même manière que je fus moi-même formé dans ma jeunesse.

Mais le soir venu, un autre travail m’attendait. Je devais relire les archives de la ville, les classer, et brûler tout ce qui aurait pu laisser sous entendre un quelconque lien entre la cité blanche et la cité noire. Mon travail était simple et répétitif, jusqu’à ce que je me mette à lire. Je veux dire, à lire vraiment. Entre les lignes, avec mon cœur, et ne plus me contenter d’un œil froid posé sur ces écrits.
Je m’usais les yeux à la lueur de la bougie à déchiffrer les lettres d’amour entre les paysannes bontariennes et les guerriers brâkmariens, lettres trouvées le plus souvent sur la dépouille de ces derniers après leur exécution pour insoumission. Je me plongeais avec délice dans les mémoires de Lagerf Hilde qui relataient que dans les temps anciens, Jiva et Hyrkul furent à même de se comprendre et de vivre en paix. Je me délectais des correspondances cyniques entre les chefs des cités ennemies, souhaitant, l’un comme l’autre, continuer à attiser la haine afin de garder le pouvoir suprême sur leur peuple.

Mais l’erreur est le mot clé de ma vie. Faisant preuve d’une naïve témérité, je me décidais à ne plus brûler ces traces. Elles avaient pour moi le goût de la liberté, elles qui allaient à l’encontre des intérêts de ma ville. Je les gardais précieusement sur moi, narguant ainsi mes chefs, porté par une rébellion d’adolescent. C'est étrange, mais ce moment fut le plus jouissif de ma vie.

Ma manœuvre ne mis que peu de temps avant d’être découverte. Dénoncé, je fus jeté en prison en attendant ma mise à mort. Je ne sais pas si ce fut un bien ou un mal, mais les dirigeants décidèrent que ma peine ne serait pas l’exécution. Ils me marquèrent au fer rouge de l’emblème de Brâkmar et m’envoyèrent au front afin de participer à leur guerre stérile.

Je te passerais les détails sur nos conditions de vie au front. Le froid, la faim, la haine exacerbée, tout ceci est vrai, et bien plus que tu ne pourras jamais te l’imaginer. Mon état physique se dégradait de jour en jour, et mon esprit divaguait. J’étais obsédé par ce lien intime qui unissait Brâkmar et Bonta, et avant de mourir, je ne souhaitais qu’une chose, pouvoir moi-même renforcer ce lien, comme un dernier pied de nez à mes dirigeants corrompus.
L’occasion se présenta de manière inespérée, sous la forme d’une jeune bontarienne perdue dans ces contrées lointaines, et forcée de s’éloigner de sa ville pour je ne sais quelle raison. Je lui volais sa virginité, non dans le but de la faire souffrir, mais pour que naisse peut être un jour ce qui serait pour moi le lien entre ces deux cités.
Laisser une trace indélébile de notre passage ici bas, toujours la même histoire.

Alors que je t’écris, mon espoir, ma descendance, ta mère repose à l’abri à mes cotés. Je la regarde et je sais que sa vie est maintenant gâchée. Mais certaines causes valent plus qu’une simple vie.
Je m’en retourne maintenant avec mes camarades, j’entends les bruits sourds de la bataille qui commence. Je m’en vais mourir car plus rien n’a de sens.

Je ne sais pas si tu auras un jour cette lettre, mon fils, ma fille, mais sache que tu m’as sauvé avant ma mort.


Dernière édition par Miho le Mer 19 Mar 2008 - 3:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [BG Miho] - Mémoires fragmentées   Mer 19 Mar 2008 - 3:52


(Extrait de mon journal intime, le 02 apérirel 626.)



Encore un jour sans.
Un jour à porter ses fichues potions dans tout les ateliers de la ville, pour Môôônsieur le maître alchimiste...
J’ai même pas eu assez de pourboire pour payer mon maître d’arme. S’il pense vraiment m’endurcir en me faisant faire ses tâches ménagères et ses courses, je vais lui dire où il peut se les mettre moi…
Et moi qui pensais que les filles seraient vues différemment ici, pas comme dans cette ville d’emplumés, tu parles, c’est pareil ! Tous ces fils de riches commerçants qui crache à terre à mon passage et me reluquent comme si j’étais une marchandise. Toutes ces gamines débiles, gâtées jusqu’à l’os, qui se foutent de moi, paradant au zapp dans leurs dernières tenues.

Ah si seulement je pouvais à nouveau… Mais j’ai promis.
Mon maître connais mon histoire, ou du moins les quelques bribes dont j’ai moi-même connaissance. Il m’a fait jurer de ne plus commettre de meurtres tant que je serais sous sa tutelle, en échange de quoi il se renseignerait pour obtenir des informations sur mon père.

Je me tais donc, j’attends patiemment mon heure. Qu’est ce qui me motive tant dans cette volonté de connaitre mes origines ? Le fait de ne jamais, non jamais, vouloir ressembler à ma mère… De chercher une autre image à laquelle m’identifier? De donner un sens à la colère qui me ronge ? De comprendre d’où me vient cette pulsion de mort?

J’ai bien essayé à nouveau d’ôter la vie, en cachette, sur les chachats errants, mais sans grande satisfaction. Je n’ai pas ressentit ce plaisir de la première fois. Il leur manque cette lueur dans les yeux quand la fin est inéluctable, cette lueur…d’humanité.
En attendant je m’entraîne sans relâche. Le kanedojo est devenu ma seconde maison. Je frappe, je frappe, je frappe encore ces épouvantails désincarnés jusqu’à ce que mes mains saignent trop pour pouvoir porter mon bâton, jusqu’ à ce que ma tête soit vidée de toutes ces questions. Et puis il me reste ça. La plume, le parchemin.
Le bâton soulage mon corps, et la plume soulage mon âme, je les laisse s’exprimer librement, sans barrière.
Le meurtre est il donc la seule chose qui soulagera mon cœur meurtri ?

Mon maître dit que je n’ai pas encore accès à l’immensité du monde, que je n’en vois qu’une toute petite partie à travers mes yeux d’enfants. Patience me répète-t-il toujours. Tant de questions sans réponse qui se mélangent.
Je crois… Je crois que j’ai peur.
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