Le Clan de mercenaires de Nedora-Riem (DOFUS - Sumens)
 
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 [Sadeurs] Le Marquis reçoit le clan Nedora

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Arkhaon
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MessageSujet: [Sadeurs] Le Marquis reçoit le clan Nedora   Dim 9 Nov 2014 - 21:24


Une imposante roue crantée tourna d’un quart de tour. Une seconde roue plus petite se joignit à elle, puis une troisième, une quatrième. Une infinité de mécanismes et d’engrenages rejoignirent la danse. Une large courroie de cuir suivit elle aussi le mouvement et invita une dernière roue de fer à l’accompagner dans cet étonnant bal de cliquetis. Une corde se tendit et ramena d’un seul effort un énorme poids vers la roue de fer, dénouant au passage un assemblage de fils blancs tendus entre deux mécanismes. Le vacarme n’échappa pas à une étrange forme noire massée près d’un pignon encore immobile. Celle-ci ouvrit un œil et déplia d’un sursaut les courtes baguettes velues qui lui servaient de pattes. À peine eut-t-elle entrepris d’abandonner son feu havre de paix qu’elle dégringola le long d’une immense paroi ponctuée d’engrenages affolés.

Un trait de lumière fendait l’obscurité tout en bas. Une échappatoire.

La créature atterrit avec maîtrise et s’engouffra dans la lumière.

Sa course folle se poursuivit et face à elle s’étendait une éblouissante immensité, ou du moins c’est que ses yeux habitués à l’obscurité semblèrent distinguer.

Le ciel s’assombrit soudain et s’abattit comme le jugement dernier sur la bête désorientée.


Dix-sept heures sonnèrent à l’horloge du manoir de Lhambadda et Mage Jaurdom, emballé dans sa robe violette, n’avait pas prêté attention à la petite arakne venue se loger sous sa semelle droite.

Cinq autres encapuchonnés aux toges toutes aussi colorées se joignirent à lui. Dans la salle de spectacle du manoir, les paroles se firent plus discrètes et les regards plus inquisiteurs. Mercenaires, aventuriers, habitués du coin, tous fixaient la troupe nouvellement arrivée. Posté sur l’estrade, Arkhaon esquissa un sourire et souhaita au nom du clan de Nedora Riem la bienvenue à ceux que l’on nommait aussi Maîtres du Jeu. À son bouclier couleur amande et à son couvre-chef amarante, le comte Arkhaon d’Hulla s’affichait comme l’un des membres les plus haut gradés du susnommé clan de mercenaires, qui, en ce 12 Fraouctor 644, était au centre de toutes les attentions. C’est en effet ce jour-ci qui avait été choisi par le marquis de Lhambadda, propriétaire de l’éponyme manoir et fervent de Shariva, pour procéder à la cérémonie qui devait sceller son entente avec les disciples de Nedora Riem. Selon ses instructions, la cérémonie se déroulerait en son absence et se verrait chapotée par les six encapuchonnés commissionnés.


Et cette cérémonie démarrait du bon pied, les Maîtres du Jeu usant de leur magie pour étonner l’assemblée déjà partagée entre méfiance et excitation.

L’un d’entre eux commença à faire démonstration de ses dons de téléportation, semant derrière lui nombre de petits glyphes comme autant d’étonnantes traces de son passage. Il fut rapidement rejoint par ses congénères et tous terminèrent leur course sur l’estrade. Alors, certains aventuriers commencèrent à agiter leurs petits bâtonnets d’encens - dûment recommandés par les encapuchonnés quelques jours plus tôt, tandis que d’autres préférèrent garder la main sur leur fourreau. Après tout, on n’est jamais trop prudent.


Mais trêve de tours de passe-passe, deux des Maîtres du Jeu, l’un tout de vert et l’autre tout de rouge vêtu prirent la parole et annoncèrent la suite des évènements : l’introduction des mercenaires de Nedora Riem aux voies du Tumulte serait un voyage, et pas n’importe quel voyage… Un voyage qui les plongerait au cœur d’un grimoire.


Chuchotements dans la salle.

A l’issue de leur périple, les mercenaires devront avoir recueilli de quoi satisfaire le Marquis,  une offrande qui viendrait asseoir leur entente devant la déesse du Tumulte.

Malvadar énonça quelques recommandations peu rassurantes mais ses camarades s’affairaient déjà à agiter leurs bras autour de lui en une sinistre chorégraphie. Une à une, les personnes présentes dans la salle disparurent, comme happées par le décor. Quelques consignes à destination des mercenaires échappèrent de la bouche de Senon, l’un des haut-gradés du clan, qui finit par s’effacer à son tour.


Tous apparurent un à un au beau milieu d’un paysage dévasté, pris en étaux entre deux bataillons bontarien et brâkmarien ne semblant jusqu’alors que s’intimider. Une escarmouche entre les deux Cités Ennemies ? Cela faisait maintenant des décennies que l’on n’avait pas vu ça dans la région.

Une voix résonna dans la plaine :

« L’ère de la Guerre des Cités. Le crépuscule. Dans la gorge enserrant la route des Landes et de Cania. Nos deux protagonistes s’y engouffrent et rencontrent deux légions opposées des Cités Ennemies. C’est le début d’une fable bien connue, quoique. »

Déboussolée par sa téléportation inopinée, la fine équipe mêlant mercenaires et aventuriers commença à s’agglutiner autour de deux étranges spectateurs de l’affrontement : le spectre d’une Iopette, fièrement plantée aux côté d’un disciple de Féca tout aussi vaporeux. Astreints aux consignes de leurs supérieurs, les mercenaires de Nedora Riem faussèrent compagnie aux deux ectoplasmes et se regroupèrent en ordre serré.


Les lances se levèrent et ceux qui avaient juré fidélité à l’ombre et à la lumière se déchirèrent. La Iopette et le Féca s’interposèrent entre les armées déferlantes, entraînant malgré eux mercenaires et aventuriers dans les hostilités. Alors qu’on ordonna côté Nedora de ne pas prendre part au conflit, les deux individus tentèrent de mettre en déroute à eux seuls les deux bataillons. Les aventuriers, eux, frappèrent à peu près tout le monde. Un joyeux bazar.


Ce n’est qu’au bout de quelques minutes, alors que de nombreux combattants avaient déjà posé genoux à terre, que l’on comprit le sens de cette scène, car beaucoup semblaient avoir oublié les recommandations des encapuchonnés et la nature même de leur voyage. La Iopette n’était autre que Nedora, fondatrice de l’éponyme clan de mercenaires, et le Féca portait le nom de Kenera, son frère. Alors tout fut limpide, Nedora, Kenera, le voyage, le grimoire : tous étaient en train de parcourir le manuscrit de l’histoire du clan de Nedora Riem « Dans l’Ombre de son Sang », et la scène qu’ils étaient en train de vivre correspondait au passage narrant le retour du frère et de la sœur après une décennie d’exil et leur opposition victorieuse aux troupes et Bonta et de Brâkmar qui leur valut d’attirer l’attention des dieux.

Et en effet, les deux bataillons furent mis en déroute, et ce ne fut pas grâce à l’aide des aventuriers ni même des mercenaires.

Un dialogue maladroit s’installa entre les intrus et les deux personnages principaux. Il était en effet aussi excitant qu’intimidant pour les mercenaires de rencontrer la jeune femme qui était à l’origine de leur vocation alors que celle-ci était décédée des siècles plus tôt. Mais, comme si l’on ne pouvait réécrire l’histoire, le dialogue sonnait faux et les propos des invités ne semblaient guère détourner Nedora et Kenera de leurs préoccupations.

À peine eurent-ils le temps d’approfondir leurs présentations que nos voyageurs trans-littéraires furent dépêchés quelques paragraphes plus loin...

C’est dans les profondeurs d’une caverne aux parois humides que se retrouva propulsée notre fine équipe. Nedora et son frère, à nouveau présents, semblaient occupés à négocier un contrat avec un individu à la carrure charpentée et à la moustache peu fournie. Il était clair pour nos intrus que depuis le dernier tableau les choses avaient évoluées : Kenera avait fondé avec l’amont des dieux un clan de mercenaires en son nom et Nedora en était la première adhérente : le clan de Kenera Riem était né.

La troupe s’égrainait autour du trio lorsque la voix se fit à nouveau entendre :

« Un contrat banal est proposé. Un village au croisement des armées de Bonta et de Brâkmar, bientôt théâtre de conflits, veut être protégé. Les Riem sont sollicités. Un messager de Brâkmar vient à eux et propose un juteux marché, requérant que l’exode du village soit stoppé pour que ressources soient plus tard pillées par les forces de la Cité Sombre. Une décision est à prendre et les différents acteurs sont réunis dans le vacarme. Interfèrerez-vous ? »


La situation était désormais connue de tous et on resta d’abord attentif à la scène qui se jouait entre les trois intéressés.

Kenera soutenait l’éventualité qu’il considérait comme la plus honorable, à savoir ne pas céder aux avances brâkmariennes. Mais Nedora ne l’entendait pas de cette oreille, leurs visions du mercenariat avaient toujours été divergentes. Alors que Kenera soutenait un mercenariat qu’il qualifiait de juste, Nedora était partisane d’une exécution beaucoup plus rigoureuse de sa vocation. Peu importe le contexte du contrat, leurs services devaient être alloués au plus offrant, même s’il s’agissait de la Cité Sombre. Les anachroniques mercenaires de Nedora s’unirent à ses côtés comme autant de réponses aux remontrances de son frère et au plaidoyer du villageois.


C’est sur ces éclats de voix que l’assemblée se retrouva avalée par la grotte qui jusque-là l’avait accueillie.

Cette fois-ci aucun du frère ni de la sœur n’avait suivi la marche. Seul face à l’équipe se dressait un arbre robuste comme un orme dont la graine avait improbablement germée sur les hauteurs du massif de Cania.

Et la voix clama :

« Les branchages de la généalogie Riem se secouent doucement, au fur et à mesure que le frère et la sœur se découvrent des passions incompatibles. À Nedora la féroce nous accordons les Ambitions. À Kenera le délicieux nous délivrons les Illusions. On dit des expériences de la vie qu’elles sont autant de coups de couteau portés à l’écorce de la famille. Répondez-donc à ceci : quel genre de dague franchement aiguisée allez-vous être pour la famille Riem ? »

La compagnie se dévisagea dans le blanc des yeux. Comme pris d’un soudain éclair de lucidité, chacun s’affaira à dégainer son arme et se dirigea tantôt en direction de l’arbre, tantôt en direction des deux auras vaporeuses qui venaient d’apparaître près de la falaise. Les premiers instants furent confus, on frappa autant l’arbre que le crâne de son voisin.


Quelques lames traversèrent en vain les deux auras qui semblaient chacune murmurer un mot, presque inaudible.

Ambitions. Illusions.

Une voix se leva enfin et accompagna d’une clameur la lame de son propriétaire qui venait de s’enfoncer dans l’écorce de l’arbre. « Ambitions » criait-elle. L’aura qui murmurait le même mot se mit soudain à grandir sous l’œil hébété des aventuriers qui lui faisaient face. Chacun se fraya un chemin vers le tronc déjà bien entaillé et y alla de son exclamation.


Tandis que la plupart des mercenaires avaient entrepris de renforcer les Ambitions de Nedora, d’autres s’évertuaient à ne pas laisser les Illusions de Kenera en reste. Certains voulaient simplement tenter de renverser le cours de l’histoire. D’autres étaient convaincus que c’est en maintenant son frère dans ses Illusions que Nedora pourrait parvenir à ses fins.

Les Ambitions finirent néanmoins par surpasser suffisamment les Illusions pour que l’aura de ces dernières se dissipe.

L’arbre s’enveloppa alors de l’ambitieuse aura et le sol rocailleux devint mouvant, sifflant tour à tour les aventuriers comme un Pandawa le ferait avec autant de bières.

Et à nouveau elle se fit entendre :

« Le temps s’écoule, le temps s’enfuit, et personne ne peut empêcher la dispute du frère et de la sœur, qui affecte progressivement l’unité de leur clan. L’Ambition de Nedora la pousse à former ses propres disciples à l’art du mercenariat. Les premiers Nedoras sont nés. »

Quatre murs délabrés et un plancher miteux accueillaient désormais notre petite troupe. Nedora salua ceux qu’elle considérait comme ses mercenaires et sembla se réjouir de leur présence. Son regard se faisait plus dur qu’à l’accoutumée.

L’heure était grave, Iop avait découvert que Nedora entrait en concurrence avec son frère et en avait informé Féca et le principal intéressé. Épaulé par sa déesse, Kenera avait ainsi entrepris de traquer et d’éliminer les apprentis de Nedora.

Un messager fendit soudain la foule et accourut délivrer sa missive à Nedora. À l’image de la bicoque qui les accueillait, la suite des évènements ne s’annonçait guère rassurante. Une escouade de mercenaires envoyés par Kenera fit irruption dans la salle et harangua nonchalamment l’assemblée avant de fondre sur elle.


Tout était fini.

Une jeune Sacrieur coiffée d’un chapeau de Lonne se releva et posa sa main sur son front en maugréant. Ses collègues mercenaires et quelques aventuriers étaient amoncelés autour d’elle sur le tapis de la salle de spectacle du Manoir de Lhambadda. Tous se relevèrent, plus déboussolés que jamais.


C’en était donc fini de leur voyage.

Dans l’Ombre de son Sang, Nedora, Kenera et les encapuchonnés n’étaient-ils plus qu’un lointain souvenir ?

Toujours affublés de leurs tuniques chatoyantes, les Maîtres du Jeu apparurent un à un sur l’estrade. Si leurs visages n’étaient pas masqués par l’ombre de leur capuche, nul doute qu’on y lirait un sourire complaisant.

Ils n’étaient pas revenus seuls. Figés comme des marionnettes, les spectres de Nedora et de Kenera étaient apparus en fond de scène et paraissaient bien pâles à côté des tuniques colorées qui s’agitaient autour d’eux.

Le Maître à la toge rouge, que ses confrères nommaient Malvadar Jandric, rappela l’enjeu du voyage à l’assemblée et changea d’une parole les deux ectoplasmes en fioles. L’une d’elles contenait désormais l’écho de Nedora tandis que l’autre renfermait celui de Kenera. Le choix s’imposa aux mercenaires, quelle fiole serait laissée au marquis de Lhambadda en guise d’offrande ?


Arkhaon tenta bien de convaincre les encapuchonnés de n’en prendre aucune, promettant des présents bien plus alléchants, mais il fut finalement retenu que ce serait l’écho de Kenera qui contenterait le marquis.


Le comte d’Hulla récupéra solennellement la fiole de Nedora et la confia à ses mercenaires. Il prit enfin place au centre de la scène et les lourdes toges colorées se serrèrent autour de lui. L’une après l’autre elles soulevèrent leurs larges manches et illuminèrent le mercenaire de leur magie tape-à-l’œil, créant autour de lui comme une aura rayonnante qui ne manqua pas d’impressionner la salle.

« Par la présente Clan de Nedora-Riem, nous vous offrons votre place au Conseil des Sadeurs et consacrons Arkhaon en la forme de votre digne représentant. »


Mercenaires, aventuriers, Maîtres du Jeu, tous inondèrent le manoir de leurs applaudissements. Des sourires se dessinèrent sur tous les visages et des félicitations jaillirent de toutes les bouches. Certains aventuriers lâchèrent même pour la première fois depuis près de deux heures d’aventures le pommeau de leur épée.


Après un plongeon mouvementé au cœur de leurs origines et une étonnante rencontre avec celle qui donne aujourd’hui son nom à leur clan, les mercenaires de Nedora Riem voyaient, en cette fin d’après-midi du 12 Fraouctor 644, une nouvelle page de leur histoire s’écrire.

Une page qui trouvera, d’ici quelques siècles peut-être, sa place dans un nouveau grimoire et fera l’objet d’une nouvelle excursion tumultueuse !


Effrayée par le raffut des applaudissements, la petite arakne, qui avait miraculeusement trouvé refuge dans le drapé mauve de Mage Jaurdom, faussa compagnie à son hôte et prit la poudre d’escampette en direction des escaliers. Elle les dévala du mieux que sa petite taille le lui permit. Traversant la salle de banquet en un éclair, elle s’extirpa enfin de la bruyante demeure par l’entrebâillement de la porte donnant sur la rue. Sa course prit fin quelques mètres plus loin alors qu’elle se dissimulait derrière les cuissardes d’un Roublard adossé contre un mur tout proche. Un sourire se dessina derrière la coiffe Ainte de l’individu tout de noir vêtu. Il chiffonna le parchemin qu’il tenait entre ses mains et le jeta à terre. À pas de loup, il s’éloigna du Manoir de Lhambadda talonné par la petite arakne.

Sur le parchemin froissé on pouvait distinguer un portrait encadré de quelques mots.

« Recherch… Abou Daboum... pour crime co… essage de l’A.N.E. »
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